Viande polonaise frauduleuse : la FNSEA appelle à "acheter français "

Viande polonaise frauduleuse : la FNSEA appelle à "acheter français "
01/09/2022 Par acomputer 182 Vues

Viande polonaise frauduleuse : la FNSEA appelle à "acheter français "

"Il y a une fraude commerciale terrible", a déclaré sur la radio Europe 1 Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), se disant "révoltée de voir que des circuits commerciaux comme ça existent encore". Plusieurs pays de l'Union européenne, dont la France, cherchent depuis vendredi à localiser, pour en empêcher la consommation et la détruire, de la viande de boeuf frauduleuse en provenance de Pologne, issue d'un abattage illégal et dont près de trois tonnes ont été exportées dans l'UE.

En France, les services sanitaires ont découvert près de 800 kg de cette viande qui selon Varsovie ne présente pas de risque sanitaire. Sur ces 800 kg, 500 kg ont été détruits, 150 kg avaient été vendus à des consommateurs, en boucherie notamment, et 150 kg sont toujours recherchés par les autorités.Les boucheries concernées ont mis en place des affichettes pour prévenir leurs clients, a indiqué vendredi soir le ministère de l'Agriculture, qui note que la grande distribution n'est "à ce stade" pas concernée.

"C'est totalement anormal que des opérateurs, pour gagner gagner plus, fassent entrer des viandes peu sûres comme celles-ci", a déclaré Mme Lambert. Elle en a appelé à la vigilance du ministère de l'Agriculture et des autorités sanitaires, tout en renvoyant la responsabilité aux choix des consommateurs. "Si le consommateur exige de la viande française en restauration hors domicile, en grande surface et chez son boucher, on ne verra plus ces flux commerciaux frauduleux"", a-t-elle assuré.

Selon Varsovie, pas de risque sanitaire

Selon Varsovie toutefois, la viande en question ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs. Le parquet d'Ostroleka, au nord-est de la Pologne, avait annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête sur l'abattage et la commercialisation de bovins malades par un abattoir local, suite à un reportage télévisé d'un journaliste de la télévision privée TVN24 qui s'était fait embaucher dans ce site. L'enquête a révélé que des marchands proposaient par petites annonces d'acheter des vaches malades, pour un prix très inférieur à celui des animaux sains. Des images de TVN24 montraient que des vaches paraissant très affaiblies étaient abattues de nuit dans l'abattoir en question, échappant ainsi aux contrôles vétérinaires officiels effectués de jour. Selon l'Inspection vétérinaire polonaise, 2,7 tonnes de cette viande ont été vendues dans treize pays membres de l'Union européenne --Allemagne, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Suède--, tandis que 7 tonnes ont été distribuées dans une vingtaine de points de vente en Pologne.

Viande polonaise frauduleuse : la FNSEA appelle à

Une "duperie" pour le ministre de l'Agriculture

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a indiqué vendredi matin que 795 kg avaient été achetées par "neuf entreprises" du secteur agroalimentaire en France, estimant sur CNews qu'elles avaient été "dupées". Les directions départementales en charge de la protection des populations (DDPP) ont mené l'enquête dans les neuf établissements ciblés, qui "pour la plupart n'exercent qu'une activité de négoce sans manipulation des viandes" selon le ministère. Le ministère a indiqué avoir eu connaissance du scandale "par la presse", avant d'avoir été informé par le Réseau d'alerte européen (RASFF) de l'étendue du problème.

"C'est une fraude terrible, une fraude économique, une fraude sanitaire d'un abattoir polonais", a jugé le ministre français. "Je m'engage à informer en toute transparence de l'état d'avancement des investigations. La rapidité avec laquelle les investigations sont menées souligne l'efficacité de notre dispositif de traçabilité et de contrôle sanitaire en France", a-t-il déclaré vendredi soir, cité dans un communiqué.

Le Commissaire européen à la Santé et à la sécurité alimentaire Vytenis Andiukaitis a annoncé une inspection en Pologne la semaine prochaine et appelé les autorités polonaises à assurer le respect des normes européennes. Selon le ministre Polonais de l'Agriculture Jan Krzysztof Ardanowski qui a reconnu la fraude, il s'agit d'un "incident isolé". "Nous avons affaire à une pathologie: sur un site, des vaches malades étaient abattues à l'insu et sans le feu vert des vétérinaires", a-t-il indiqué à la chaîne publique TVP Info. De 80% à 90% de la production polonaise de viande de boeuf sont exportés, surtout vers d'autres pays de l'Union européenne.

En France, l'association de consommateurs UFC Que choisir a demandé que soient révélés "les marques, produits et numéros de lots" des produits éventuellement concernés et recommandé aux consommateurs lors de leurs achats de produits à base de viande bovine (plats cuisinés, pâtes et sauces contenant de la viande, conserves...), de "privilégier ceux mentionnant explicitement le pays précis d'origine dans la liste des ingrédients (hors Pologne), plutôt que ceux qui utilisent la mention opaque +UE+ (Union Européenne)". Soulignant que l'alerte sanitaire concerne 13 pays de l'UE, l'ONG Foodwatch a critiqué pour sa part "l'opacité" des scandales alimentaires pour les consommateurs.

Avec AFP

4 mn

Partager :