En Seine-Saint-Denis, « l’équité thermique » se fait attendre

08/11/2022 Par acomputer 388 Vues

En Seine-Saint-Denis, « l’équité thermique » se fait attendre

Il avait alors été question de la Zone à faibles émissions (ZFE) qui intègre depuis le 1er juin 2021 plusieurs villes du 93, et qui fait actuellement l’objet d’une concertation à Bagnolet. « Il faut éviter de se retrouver dans une situation où l’on pénalise les personnes qui sont dépendantes de la voiture », commente Gabriel Mazzolini. Si des mesures d’accompagnement sont prévues, un rapport de l’Apur publié en 2021 souligne qu’avec 18 % du parc de véhicules de particuliers concernés par les restrictions en vigueur depuis l’été, le 93 est le département francilien le plus impacté par ces mesures.

Afin de travailler justement « dans une démarche démocratique » en concertation avec les riverains, la ville de Saint-Denis a créé le premier Conseil local en santé environnementale de France en 2018. Des capteurs de pollution et de bruit ont ainsi été installés dans une vingtaine de logements de particuliers, nous explique Laurent Monnet, maire adjoint à la transformation écologique à Saint-Denis (PS), qui souhaite faire de ce Conseil « un lieu d’action.»

Une philosophie qu’Est Ensemble cherche également à incarner avec le lancement de sa propre Convention citoyenne locale pour le climat le 18 septembre dernier, sur le modèle du dispositif national constitué deux ans plus tôt. « Il y a des citoyens de toutes conditions et de tous les quartiers d’Est Ensemble», se réjouit Patrice Bessac, convaincu qu’« il faut absolument reconnecter les enjeux de justice sociale avec les questions écologiques, parce que les premières victimes des désordres à l’échelle du monde comme à l’échelle nationale, ce sont les couches populaires. » Les 100 citoyens tirés au sort aborderont des thèmes aussi variés que les transports, le logement et l’alimentation avant de formuler des mesures concrètes, qui seront ensuite soumises au vote du Conseil de territoire début 2022. Avec, espérons-le, moins de filtres que pour la Convention nationale, dont à peine 10 % des propositions avaient été finalement reprises par le gouvernement.

En attendant « l’équité thermique »

En Seine-Saint-Denis, « l’équité thermique » se fait attendre

Si rien n’est fait pour freiner le dérèglement climatique, on estime qu’il y aura à Paris 10 à 25 canicules par an en 2050, avec une augmentation de 2°C à 4°C des températures moyennes – et le phénomène risque d’être plus sensible encore dans les quartiers populaires les plus minéralisés, propices à la formation d’îlots de chaleur. Lors de l’épisode caniculaire de 2003, la Seine-Saint-Denis avait d’ailleurs été le deuxième département le plus touché par la surmortalité.