Sexisme et harcèlement – La Ville lutte pour que les femmes s’approprient la rue

Sexisme et harcèlement – La Ville lutte pour que les femmes s’approprient la rue
05/09/2022 Par acomputer 162 Vues

Sexisme et harcèlement – La Ville lutte pour que les femmes s’approprient la rue

Le combat n’est pas gagné. «Et ça commence tôt, pointe Laetitia Seitenfus, animatrice de stages d’autodéfense. Sept adolescentes sur dix de moins de 15 ans ont déjà subi le harcèlement de rue et cette proportion passe à 100% à 25 ans. Il faut casser la fatalité intériorisée des violences sexistes.» Une trentaine de femmes par an suit ces formations dites de Fem-Do-Chi (une journée, dispensée par des femmes et offerte aux habitantes de la Ville). Si on s’y initie à se défendre physiquement, on s’aperçoit aussi qu’un tel recours devient inutile quand on a appris à développer son assurance et identifier les importuns pour mieux les remettre à leur place.

Éclairage à revoir

Même si les jours de la publicité de rue sont comptés en ville, le programme a scruté les représentations que projette l’affichage. Un examen réalisé en 2019 a débusqué une infime minorité (2%) de placards franchement sexistes, mais aussi un gros quart (27%) qui perpétue de vieux clichés. La branche est apparemment intéressée à évoluer, mais n’est-ce pas caduque avec le bannissement programmé de l’affichage commercial? «On trouve aussi du sexisme dans la publicité culturelle», objecte Valérie Vuille (association DécadréE).

Sexisme et harcèlement – La Ville lutte pour que les femmes s’approprient la rue

Est-ce un antidote? La campagne s’offre jusqu’à la fin du mois une campagne d’affichage, sous le slogan «Objectif zéro sexisme dans ma ville». Les visuels montrent des femmes qui affirment leur droit à disposer sereinement de l’espace public.

Ayant sanctuarisé une base budgétaire de 225’000 francs par an (plus un poste de travail), les trois ans de croisade vont poursuivre sur leur lancée en étendant leur champ d’action. En abordant aussi les questions d’aménagement, notamment l’éclairage public. En augmentant la pollution lumineuse, au risque de se heurter aux intérêts de la faune? «Pas forcément, répond Héloïse Roman, chargée de projet à la Ville. On peut éclairer moins et mieux répartir.»