Tennis : des règles floues permettent aux organisateurs de choisir les tenues des joueuses

09/09/2022 Par acomputer 380 Vues

Tennis : des règles floues permettent aux organisateurs de choisir les tenues des joueuses

Si les primes destinées aux gagnants et gagnantes d’un Grand Chelem (en défaveur des femmes) ont fini par être harmonisées (en 2006 à Roland-Garros et en 2007 à Wimbledon, contre 1973 pour l’US Open), les joueuses de tennis et leur corps sont toujours, en 2018, traités différemment de leurs homologues masculins.Tennis : des règles floues permettent aux organisateurs de choisir les tenues des joueuses Tennis : des règles floues permettent aux organisateurs de choisir les tenues des joueuses

Notre article surla sanction d’Alizé Cornet à l’US Open, pour avoir retiré son tee-shirt

Les propos du président de la Fédération française de tennis, Bernard Giudicelli, sur la combinaison moulante portée par Serena Williams lors de l’US Open en août 2018 — et son souhait de l’interdire à Roland Garros — ont eu des précédents. Ainsi y avait-il eu lors de l’édition 1985 de Wimbledon une polémique sur la tenue de la joueuse Américaine Anne White, arrivée sur le court en combinaison blanche intégrale. Bien qu’elle eût respecté la règle du « jouer en blanc », le patron des arbitres du tournoi, Alan Mills, avait alors interdit la tenue, et Anne White avait joué ses autres matchs en jupe.

« Propre et appropriée »

Le règlement de l’Association des joueuses de tennis (WTA) dispose de sept pages entières consacrées à ce que les tenniswomans peuvent porter sur un court, allant jusqu’à préciser la taille maximale du logo de l’équipementier sur telle ou telle pièce de tissu. En revanche, pas un mot sur les combinaisons ou sur l’obligation de porter une jupe ; seule la règle suivante est édictée : « La joueuse doit porter une tenue de tennis propre et appropriée. »

Tennis : des règles floues permettent aux organisateurs de choisir les tenues des joueuses

Le règlement dit simplement qu’un short de compression (« compression shorts ») peut être porté « sous une jupe, une robe ou un bermuda ». De là à considérer que la combinaison de Serena Williams est un « compression shorts », difficile à trancher.

« Compatible avec la pratique du tennis »

Nonobstant les déclarations récentes du président de la Fédération française de tennis (FFT), aucune règle vestimentaire n’existe dans les deux cent soixante-dix pages des « règlements sportifs » de la FFT, à l’exception de la première phrase de l’article 7, qui dit que les joueurs et les joueuses « doivent porter des vêtements compatibles avec la pratique du tennis ». Néanmoins, le directeur des Internationaux de France, Guy Forget, s’est dit favorable à l’approbation des tenues avant un tournoi. Mais cette règle ne pourrait pas être mise en place lors de l’édition 2019, les tenues étant déjà dessinées.

A Wimbledon, temple britannique du tennis depuis plus de cent quarante ans, la règle ne précise pas le type de vêtements à porter, simplement que côté teintes, « le blanc cassé ou la couleur crème » ne sont pas acceptés.

A l’Open d’Australie ou à l’US Open, comme aux deux autres tournois du Grand Chelem, les règles de la WTA s’appliquent. Là encore, étant donné l’aspect flou des règlements, les arbitres peuvent décider que telle ou telle tenue n’est pas correcte.

Pierre Breteau

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