INSPQ INSPQ Centre d'expertise et de référence en santé publique Sécurité : produits et déplacements pendant la grossesse

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11/09/2022 Par acomputer 127 Vues

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L’objectif de cette fiche est d’aider les intervenants et les professionnels à informer les futurs parents sur les moyens permettant de réduire leur exposition à certains produits qui peuvent être souvent présents dans leur environnement ou encore être générés à la suite de la tenue d’activités domestiques spécifiques. Les mesures de sécurité recommandées pour tous les membres de la famille et les mesures particulières pendant la grossesse lors des déplacements et voyages sont également abordées.

Les suggestions énoncées agissent donc à titre de guide pour les parents qui souhaitent prendre, en tout ou en partie, les mesures les plus pertinentes à la réduction des risques, par souci de prudence pour leur santé. Il ne s’agit pas ici d’ajouter un stress supplémentaire aux futurs parents par le rappel de contraintes additionnelles, car le stress, rappelons-le, est un facteur de risque important pour la femme enceinte et son bébé (voir la fiche Santé mentale et troubles mentaux).

Produits

Produits chimiques : normes et critères sanitaires

De nombreux produits que nous utilisons ou avec lesquels nous sommes en contact chaque jour contiennent des produits chimiques susceptibles de nuire à la santé. L’organisme humain est en mesure de faire face à un certain niveau d’agression toxique par les produits chimiques, sans qu’apparaissent des effets indésirables sur la santé. C’est d’ailleurs sur la base de ce principe que sont élaborés de manière prudente, plusieurs normes et critères sanitaires quant aux concentrations maximales de ces produits qui sont autorisés dans les divers milieux (eau, air, sols, aliments, produits de consommation).

Vulnérabilité des enfants et des femmes enceintes

Ceci est particulièrement vrai pour l’enfant en développement que l’on considère à prioricomme plus vulnérable, face aux effets toxiques des contaminants, que l’adulte1. Il est donc souhaitable, pour la femme enceinte, de minimiser, autant que possible, son exposition à certains produits au cours de la grossesse, afin de réduire le risque d’effets indésirables qui auraient un impact sur le déroulement de la grossesse ou sur le développement fœtal. Il est également pertinent de rappeler que la femme enceinte a une surface corporelle, des taux d’ingestion d’eau et d’aliments et un taux de ventilation pulmonaire plus élevé, par unité de poids corporel, que celle qui ne l’est pas. Elle est donc susceptible d’absorber une quantité plus importante de contaminants pour une même concentration de ceux-ci dans les divers milieux, en particulier dans l’air2,3.

Ceci dit, les études sur les femmes enceintes et les enfants sont souvent limitées, entraînant des questionnements et incertitudes par rapport au risque associé à l’exposition à ces contaminants, pouvant découler des activités courantes durant la grossesse.

En raison des limites méthodologiques inhérentes aux études épidémiologiques et toxicologiques, le niveau de certitude est souvent variable selon les études et les substances en cause. Par conséquent, les associations détectées dans de telles études sont considérées, par les autorités de santé publique, comme invitant à la prudence même si l’on ne peut pas, pour autant, toujours démontrer la causalité entre l’exposition chimique étudiée et un effet sur le fœtus. C’est avec ce souci de prudence que les propositions contenues dans cette fiche sont produites.

Mesures visant la qualité du milieu intérieur

Des concentrations de contaminants sont souvent plus élevées dans les maisons qu’à l’extérieur, en particulier lorsque certaines activités y sont menées, que les échanges d’air sont limités et que l’on empêche l’air intérieur, souvent plus riche en poussières et contaminants, d’être évacué à l’extérieur. De plus, la majorité des gens passent plus de 90 % de leur temps à l’intérieur4. Par conséquent, des mesures de réduction de l’exposition visant spécifiquement certaines activités émettrices de contaminants de l’air intérieur peuvent contribuer à diminuer les probabilités que tous les membres de la famille et, plus particulièrement l’enfant à naître, soient indûment exposés à ces contaminants5.

Voici quelques suggestions de mesures de prévention plus générales :

Rénovations et matériaux de construction

Pendant la grossesse, la création d’un environnement adapté pour le nouveau-né implique parfois des travaux de rénovation. Ces activités peuvent engendrer des expositions à des contaminants. Il est toutefois possible de prendre certaines précautions, pendant et après les travaux, pour diminuer la concentration des contaminants. Tout d’abord, il est préférable de faire affaire avec des entrepreneurs qualifiés qui détiennent une licence de la Régie du bâtiment du Québec et qui sont inscrits au Registraire des entreprises Services Québec.

Si la présence d’amiante, de plomb ou de moisissures dans les aires à rénover est soupçonnée, des firmes spécialisées pourront conseiller les futurs parents sur la marche à suivre. La femme enceinte ne devrait pas participer à ce type de travaux.

Par ailleurs, pour tout type de travail, les suggestions suivantes contribuent à diminuer l’exposition aux poussières, irritants et autres produits chimiques :

De plus, si des rénovations sont effectuées, il pourrait s’agir d’un bon moment pour intégrer des matériaux sains et durables. Les matériaux les plus problématiques, au regard de leur contenu en contaminants, sont présentés ci-après.

Les peintures et surfaces contenant du plomb

Les effets toxiques du plomb sur le fœtus sont bien démontrés dans la littérature scientifique. Ce contaminant peut passer à travers la barrière placentaire et altérer le neurodéveloppement. L’exposition prénatale et postnatale est associée à une diminution du fonctionnement cognitif6,7. Or, jusqu’en 1991, le plomb était souvent utilisé dans la peinture, parfois en assez grande quantité. Ainsi, dans les habitations datant d’avant cette période, des couches de peinture anciennes, contenant de plus fortes concentrations de plomb qu’après cette date, sont toujours présentes. Lorsque la peinture est en bon état, elle ne pose pas de danger8. Par contre, les travaux de rénovation qui impliquent de perturber ces surfaces (p. ex. la démolition d’un mur), génèrent des poussières fortement chargées en plomb.

Par ailleurs, l’usure de surfaces recouvertes de peinture contenant du plomb, tel que les cadres de fenêtre coulissantes, peut aussi générer des poussières chargées de plomb dans l’environnement intérieur.

Les matériaux contenant des composés organiques volatils (COV)

Les composés organiques volatils (COV), sont un groupe de molécules chimiques qui peuvent provenir de la combustion soit, par exemple, du fait du tabagisme, des foyers au gaz, de l’air extérieur, etc. Les COV sont aussi émis à partir de matériaux utilisés en construction ou en décoration intérieure. Ils proviennent notamment des peintures au latex, de colles et d’adhésifs, des meubles ou matériaux en contreplaqué (bois pressé), de la pose de carrelage et de planchers, de la pose de joints de silicone, etc. Par conséquent, les concentrations de COV dans l’air intérieur peuvent augmenter lorsque des travaux de rénovation sont réalisés, et ce, en lien avec le dégazage des matériaux de construction9,10.

En raison de plaintes associées à l’inconfort (irritation, odeurs, maux de tête), les manufacturiers de matériaux de construction ont beaucoup diminué leur contenu en COV au cours des dernières années. Ceci dit, bien que les propriétés toxicologiques des COV soient très variables, selon la substance concernée, et qu’il soit ainsi difficile d’évaluer le risque, pour l’enfant à naître, des expositions découlant de l’usage de ces matériaux, de nos jours, il est préférable d’éviter de s’y exposer, et plus particulièrement, en ce qui concerne la femme enceinte. Voici d’autres suggestions qui contribuent à diminuer l’exposition aux poussières, irritants et autres produits chimiques nommés précédemment :

Les tapis et moquettes

Les tapis et les moquettes accumulent de la poussière, des irritants et des allergènes. Ils sont aussi des sources d’émission de COV. Il serait bon d’éviter d’en installer, mais s’ils sont déjà présents, il est indiqué de porter une attention particulière à leur propreté :

Les matériaux en PVC

Une autre classe de contaminants chimiques présents dans certains produits et matériaux des habitations est celle des phtalates. Ces molécules confèrent une plus grande flexibilité et durabilité aux produits dans lesquels ils sont ajoutés. Ils ne sont pas fortement liés aux produits dans lesquels on les retrouve – par exemple, le polychlorure de vinyle (PVC) contient des phtalates qui peuvent s’en libérer et s’accumuler dans l’air intérieur et se déposer dans les poussières13. Des études suggèrent un lien entre l’exposition prénatale aux phtalates et certains problèmes de santé. Dans la mesure du possible, il est prudent d’éviter les matériaux en PVC, tels que les tuiles en vinyle pour le recouvrement des planchers, ou encore les stores en PVC14.

Entretien ménager

Produits de nettoyage et parfums de maison

Les produits ménagers peuvent contenir des substances irritantes ou corrosives, surtout les produits à base d’hypochlorite de sodium (eau de javel). Ces substances peuvent causer des brûlures et irriter les voies respiratoires et devraient être évitées dans la mesure du possible.

À ce jour, il n’est pas prouvé que les produits ménagers antibactériens sont plus efficaces pour la désinfection que l’utilisation d’eau et de savon15,16. L’utilisation de vinaigre pour les planchers ou de l’eau savonneuse est suffisante pour la majorité des travaux de nettoyage. Voici quelques suggestions :

Les parfums de maison sont une source de COV dans l’air17. Bien qu’il soit difficile d’estimer si de telles émissions sont suffisantes pour entraîner des problèmes de santé, il est prudent d’éviter d’utiliser ces produits. Les données sont insuffisantes pour se prononcer sur la sécurité des huiles essentielles qui sont de compositions très variées. Il est préférable de tenter d’identifier la cause des odeurs que l’on veut masquer et de régler ce problème à la source. Les odeurs de moisi sont fortement associées à des problèmes respiratoires, dont l’asthme18.

Pesticides

Les pesticides sont très utilisés en agriculture pour protéger les récoltes des insectes, des rongeurs, des moisissures et des mauvaises herbes. Ils sont aussi parfois utilisés dans la maison et dans la cour extérieure19. Certains pesticides peuvent avoir des effets sur le neurodéveloppement, le développement physique, sur le métabolisme, sur le système immunitaire et sur l’équilibre hormonal, entre autres20-22. Cependant, les produits présentement homologués pour usages intérieurs devraient être peu toxiques si les doses et les modes d’application inscrits sur l’étiquette sont respectés. Malgré tout :

Bien s’informer auprès du spécialiste en gestion parasitaire et respecter les consignes affichées sur l’étiquette du produit utilisé permet de limiter l’exposition aux pesticides. Certaines précautions devraient normalement être prises par le spécialiste en gestion parasitaire dont :

Le spécialiste en gestion parasitaire devrait faire certaines recommandations avant que les occupants réintègrent les lieux, et ce, même si l’étiquette recommande un délai inférieur. Elles sont présentées au tableau suivant.

Tableau 1 - Délai de réentrée minimal recommandé à la suite d’une application de pesticides*

Type de personneDélai de réentrée

Adulte en santé

6 heures

Adulte ayant des problèmes respiratoires ou des allergies

12 heures

Enfant qui marche

Bébé entre 0 et 12 mois

Jeune enfant qui ne marche pas encore

24 heures

Femme enceinte

*Dans le cas où le délai de réentrée de l’étiquette est supérieur, ce dernier doit être respecté.

Des informations complémentaires sur les enjeux de santé liés aux pesticides peuvent être trouvées sur le portail « santé » du Gouvernement du Québec : https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-et-environnement/pesticides-et-risques-pour-la-sante. Spécifiquement en ce qui concerne la femme enceinte, l’onglet suivant sera d’intérêt : https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-et-environnement/pesticides-et-risques-pour-la-sante/personnes-a-risque/

Poêle à bois

La fumée dégagée par la combustion du bois contient de nombreux polluants qui peuvent pénétrer dans la maison en tant qu’émissions fugitives23. Ces derniers comprennent, entre autres, des particules fines, des oxydes de soufre et d’azote, du monoxyde de carbone, du benzène et d’autres COV. Selon l’OMS, l’exposition de la femme enceinte à des doses faibles de monoxyde de carbone est associée à un faible poids de l’enfant à la naissance24.

Par ailleurs, une exposition, pendant la grossesse, aux divers contaminants contenus dans la fumée est démontrée comme étant associée à des symptômes, chez l’enfant, d’irritation des yeux, de nez qui coule, de raclement et de douleur à la gorge ainsi qu’à l’apparition de problèmes respiratoires tels que l’asthme13. Bien qu’il persiste beaucoup d’incertitudes, un lien entre la pollution atmosphérique et des effets sur le neurodéveloppement a été suggéré dans la littérature scientifique41-44.

Règlement sur la conformité

Dans ce contexte, il est important de savoir qu’il existe un règlement provincial qui porte sur la conformité des appareils de chauffage au bois30. De plus, à Montréal, tout appareil (foyer ou appareil de chauffage au bois) doit répondre à des normes très strictes d’émission pour être utilisé31. Voici les mesures de prévention :

Autres recommandations liées à la qualité du milieu intérieur

Des informations générales sur la qualité de l’air intérieur, s’adressant à l’ensemble de la population, sont disponibles sur le portail « santé » du Gouvernement du Québec, à l’adresse suivante : https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-et-environnement/#c463.

Mesures visant l’alimentation et les soins personnels

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Il est possible, pour la femme enceinte et pour tous les membres de la famille, de diminuer l’exposition aux contaminants chimiques par des modifications de certaines habitudes de consommation. Les principales mesures en ce sens sont décrites ci-après.

Plomb et consommation de l’eau du robinet

La consommation d’eau dans les maisons qui ont été construites entre 1950 et 1986 peut s’avérer être une source d’exposition au plomb. En effet, il était assez commun, pendant cette période, d’utiliser des canalisations et conduites de branchement présentant des teneurs relativement élevées en plomb8. Voici les mesures qui peuvent être prises :

Des informations générales destinées à l’ensemble de la population, concernant les risques liés à l’exposition au plomb ainsi que les façons de diminuer l’exposition à ce métal toxique, sont disponibles sur le portail « santé » du Gouvernement du Québec au : https://www.quebec.ca/environnement-et-ressources-naturelles/eau-potable/contamination-de-l-eau-reseau-de-distribution/plomb/

Contaminants alimentaires

Contamination liée au processus de culture et de croissance des aliments

Une saine alimentation est une composante essentielle d’une bonne santé en général et du bon déroulement de la grossesse. Il est vrai que l’alimentation constitue une source potentielle d’exposition aux contaminants alimentaires, en particulier les pesticides dans le cas des fruits et des légumes. Les particularités de chaque culture peuvent requérir l’usage de pesticides, de fertilisants spécifiques ou encore se traduire par une possibilité accrue de présenter des contaminants naturels issus du sol, comme les métaux. Toutefois, il est bien admis, par les institutions sanitaires à travers le monde, que les bénéfices associés à la consommation régulière et variée d’abondantes quantités de fruits et de légumes surpassent largement les risques associés aux résidus de pesticides qui y sont présents. Il est donc important de ne pas limiter la consommation de fruits et de légumes par crainte des résidus de pesticides s’y trouvant.

Il est possible, pour les personnes qui le souhaitent, de diminuer l’exposition aux résidus de pesticides, tout en continuant de manger beaucoup de légumes et de fruits. Voici quelques suggestions :

Des informations complémentaires à ce sujet peuvent être consultées sur le portail « santé » du Gouvernement du Québec : https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-et-environnement/#c471

Contamination liée aux contenants et emballages alimentaires

Les emballages alimentaires peuvent contenir des contaminants comme des phtalates, du bisphénol A (BPA) et des composés perfluorés qui sont un groupe de substances comprenant, entre autres, l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) et l’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS). Le BPA se retrouve dans les contenants en plastique dur et transparent, dans les bouteilles d’eau réutilisables et dans le revêtement intérieur des boîtes de conserve métalliques.

Les composés perfluorés, quant à eux, sont utilisés pour leurs propriétés antitache, imperméable et antiadhésive. Ils se retrouvent dans certains emballages et dans des outils et accessoires de cuisine14. Dans la littérature scientifique, divers effets possibles sont associés, à ces substances, notamment en raison de leurs propriétés de perturbateurs endocriniens observées principalement dans les études animales14,21,33,34. Des incertitudes persistent quant à l’impact sanitaire réel que cela représente pour l’humain, mais des précautions peuvent tout de même être appliquées pour diminuer l’exposition aux contaminants contenus dans les emballages alimentaires35. Voici quelques suggestions :

Certaines poteries ou céramiques faites à l’étranger, notamment les « tagines », peuvent être enduites de glaçures contenant des niveaux de plomb et de cadmium qui ne respectent pas les normes canadiennes. L’utilisation de ces contenants pour la préparation, la cuisson ou comme assiette est associée à des augmentations importantes de la plombémie.

Soins corporels

Hygiène et cosmétiques

Concernant l’utilisation des produits cosmétiques et d’hygiène, l’état des connaissances actuelles suggère que l’usage de ceux-ci ne constitue pas un risque à la santé du fœtus ou de la femme enceinte, même s’ils peuvent contenir des traces de COV38, de phtalates36, d’agents antibactériens et de conservation comme le triclosan et les parabènes39,40. Pour les personnes qui désirent, malgré tout, réduire l’exposition à ces contaminants, il demeure possible de choisir des produits qui n’en contiennent pas, en prêtant attention à l’étiquette.

Le recours aux teintures à cheveux est sans danger, si l’usage qui en est fait est conforme aux prescriptions de l’étiquette41.

Toutefois :

Crèmes solaires

La protection contre les rayons UV est essentielle. Il est important de suivre les recommandations par rapport à l’exposition au soleil, dont l’application fréquente de crème solaire42. L’application d’un écran solaire est aussi recommandée pour réduire la sévérité des masques de grossesse43.

Insectifuges (chasse-moustiques)

Les piqûres de moustiques et de tiques peuvent entraîner des conséquences négatives sur l’issue de la grossesse en transmettant des maladies, telles que le virus du Nil occidental, la maladie de Lyme ou le virus Zika. Bien qu’ils soient peu prévalents au sein de la population québécoise, ces virus peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé du fœtus46,47.

Plusieurs chasse-moustiques sont disponibles sur le marché.

Lorsqu’il est utilisé selon les instructions du fabricant, le DEET est reconnu comme étant peu toxique pour la population en général49, mais l’état actuel des connaissances est limité concernant les risques liés à l’utilisation du DEET pendant la grossesse50-53.

Néanmoins, il apparaît que les bénéfices reliés à l’application du DEET, lors de la grossesse, seraient plus élevés que les risques qu’il pourrait poser52,53. Les bienfaits que constitue le fait de marcher et de faire de l’activité physique, pour la femme enceinte, sont importants.

En ce qui concerne le risque d’exposition aux tiques, il est recommandé54 :

Tableau 2 - Durée effective de protection et conseils d’utilisation selon le type de chasse-moustiques

Type de chasse-moustiquesDurée de la protectionConseils d’utilisation

Produits à base de DEET** (étiquetés 30 % ou moins)

Produits à base d’icaridine (étiquetés 20 % ou moins)

**Il importe de noter que le DEET peut réduire l’efficacité de la lotion solaire.

L’utilisation de citronnelle ou de produits à base d’huile de lavande pour éloigner les moustiques n’est pas une option recommandée. Ces produits sont peu efficaces et leur durée de protection est nettement inférieure à celle d’un produit contenant de 20 à 30 % de DEET48,56.

Déplacements et voyages

Sécurité en automobile

La ceinture de sécurité

Les accidents en automobiles représentent une des principales causes de traumatismes non intentionnels pendant la grossesse. En fait, il s’agit d’une des principales causes de mortalités maternelle et fœtale57.

À titre d’exemple, lors d’un accident en automobile, les femmes enceintes n’ayant pas attaché leur ceinture de sécurité sont 2,8 fois plus susceptibles de vivre une mortalité fœtale que celles qui portent la ceinture59,60. En fait, la meilleure façon de protéger le fœtus lors d'une collision est de protéger la femme enceinte, grâce à la ceinture de sécurité61.

Des études ont mis en évidence que les femmes enceintes sont peu informées de l’utilisation adéquate de la ceinture de sécurité59,62. Lors d’une étude menée auprès de 154 femmes enceintes, le tiers d’entre elles a indiqué avoir des préoccupations quant à son utilisation pendant la grossesse59. Parmi les femmes qui rapportent utiliser la ceinture de sécurité, une proportion variable, selon les études mais importante, ne l’utilise pas adéquatement63,64. Les principales raisons invoquées sont l’inconfort, la peur de blesser le fœtus ou de se blesser et l’oubli58.

Selon une revue de la littérature, les femmes enceintes qui reçoivent de l’information sur l’utilisation adéquate de la ceinture de sécurité sont plus susceptibles de la porter et de la placer correctement58.

Il est essentiel de transmettre à la femme enceinte les renseignements suivants :

Le coussin gonflable

Chez l’adulte (13 ans et plus), le coussin gonflable joue une fonction protectrice, ajoutée à celle de la ceinture de sécurité, pour réduire les risques de décès ou de blessures lors des accidents. Il est déconseillé de désactiver le coussin gonflable pour les femmes enceintes66,67. Selon une étude rétrospective américaine (n = 2 207), le ballon gonflable ne semble pas augmenter le risque de complications pendant la grossesse68.

Voyages en avion ou à l'étranger

Moment pour voyager

En l’absence de complications obstétricales ou médicales, la femme enceinte peut voyager en avion70-72.

Ces publications peuvent vous guider pour les indications de références vers un professionnel70,73. Les compagnies aériennes permettent habituellement aux femmes enceintes de voyager jusqu’à un mois avant la date prévue d’accouchement. Cependant, les restrictions varient selon les compagnies aériennes.

Le meilleur moment pour voyager lors d’une grossesse est le deuxième trimestre ou entre la 18e et la 24e semaine, car les complications liées à la grossesse y sont moins fréquentes70,72. Durant le premier trimestre, les femmes enceintes peuvent se sentir inconfortables, à cause de la fatigue ou de la nausée. Les complications, telles une fausse couche ou une grossesse extra-utérine, peuvent aussi survenir.

Durant le dernier trimestre de la grossesse, les femmes enceintes se sentent parfois plus inconfortables lorsqu’elles doivent demeurer assises durant de longues périodes. C’est aussi une période plus à risque pour plusieurs complications pouvant mener à l’accouchement prématuré71.

Les femmes sont plus à risque de souffrir d’une thrombose veineuse profonde pendant la grossesse. Le fait de voyager en avion augmente ce même risque. Toutefois, aucune étude ne permet de préciser l’augmentation du risque chez la femme enceinte qui voyage en avion.

Pour limiter les risques pendant un voyage en avion, la femme enceinte peut70-72 :

Toutes ces suggestions sont recommandées pour les voyages de plus de quatre heures. Entre les déplacements, il est conseillé de toujours porter la ceinture de sécurité.

Les croisières peuvent refuser les femmes enceintes au-delà de 22 ou 24 semaines de grossesse.

Détecteur de métaux

Santé Canada assure une vigilance et impose des conditions de sécurité (code de sécurité 6) pour limiter l’exposition humaine à l’énergie électromagnétique des radiofréquences. Les détecteurs de métaux à franchir dans les aéroports ne constituent cependant pas un danger pour les humains75.

Scanneur corporel

Les scanneurs corporels utilisés dans les principaux aéroports canadiens sont à ondes millimétriques et n’émettent pas de rayons X. Ces appareils fonctionnent en projetant une énergie de radiofréquences millimétriques de faible intensité sur et autour du corps du passager. Une partie minime de l’énergie émise par le scanneur est absorbée à la surface du corps humain (1 mm de profondeur). Les recherches effectuées par Santé Canada permettent de conclure que « le rayonnement électromagnétique non ionisant émis par ce type de scanneur est inoffensif pour l’humain, même après plusieurs expositions ». Ces appareils sont aussi sécuritaires pour les femmes enceintes76.

Exposition au rayonnement cosmique

Pour une voyageuse occasionnelle, l’impact de l’exposition au rayonnement cosmique sur la grossesse est négligeable73,77. Les responsables de la radioprotection recommandent que l’exposition du fœtus se limite à 200 heures de vol. Les femmes enceintes qui prévoient faire plus de 200 heures de vol pendant leur grossesse devraient s’adresser au Bureau de la radioprotection de Santé Canada pour obtenir davantage d’information sur les risques posés par le rayonnement pour l’enfant à naître78.

Soins préventifs

Les futurs parents peuvent discuter, avec leur médecin ou leur pharmacien, de leurs plans de voyage, notamment en ce qui a trait à la question des mesures préventives et des traitements prophylactiques associés à certains troubles (comme la malaria et l’hépatite) et à la consommation de l’eau et de certains aliments à l’étranger.

Certains médicaments servant à soulager la nausée et les vomissements durant la grossesse peuvent aussi aider à soulager le mal des transports. Les femmes enceintes peuvent discuter, avec le professionnel assurant le suivi de leur grossesse, de l’utilisation de médicaments contre le mal des transports.

Les cliniques destinées aux voyageurs pourront aussi leur donner de l’information quant aux voyages dans les zones à haut risque et des soins préventifs reliés, comme l’immunisation spécifique à leur destination. Cette consultation doit être prévue, de préférence, six semaines avant le départ afin de pouvoir actualiser les recommandations28,65,72,79.

Les femmes enceintes sont plus vulnérables, que la population générale, aux conséquences que les maladies contractées en voyage peuvent entraîner.

Maladies qui peuvent être contractées en voyage

La malaria est causée par la piqûre d’un moustique femelle infectée par le Plasmodium. La malaria contractée durant la grossesse peut augmenter le risque d’avortement spontané, de prématurité et de mortinaissance. Les retards de croissance intra-utérine sont souvent associés à une infection placentaire et à une anémie maternelle. Mentionnons également que la fréquence des infections est plus importante chez les femmes enceintes que chez les femmes non enceintes et qu’une femme qui contracte la malaria durant sa grossesse est plus à risque de contraction de la forme sévère de la maladie.

Si le voyage ne peut être reporté ou si une femme planifie une grossesse et prévoit voyager en zone endémique pour la malaria, une rencontre est recommandée auprès d’un médecin ou d’une clinique santé-voyage qui portera sur les mesures préventives à adopter, dont les médicaments recommandés pour la prophylaxie de cette infection durant la grossesse80-82. Il est important de préciser que la prophylaxie n’est pas efficace à 100 %. Il y a toujours une possibilité de contracter la malaria, malgré la prophylaxie. C’est la raison pour laquelle on conseille aux femmes enceintes de ne pas voyager dans les zones endémiques71,73.

Le virus Zika se transmet principalement par la piqûre d’un moustique infecté. La femme enceinte peut transmettre le virus à son fœtus pendant la période de virémie. Une infection par le virus Zika pendant la grossesse peut entraîner des anomalies congénitales sévères chez le fœtus, dont la microcéphalie70,71,83.

La femme enceinte peut consulter le site web du gouvernement du Canada pour obtenir de plus amples renseignements concernant les pays touchés par le virus Zika : https://voyage.gc.ca/voyager/avertissements.

Le Portail santé mieux-être propose aussi de l’information sur le virus Zika : https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/virus-zika/

Mesures de protection contre les piqûres

Lorsque le voyage en zone de Zika ou de malaria ne peut être reporté, les femmes enceintes devraient en discuter avec le professionnel de la santé qui assure le suivi de leur grossesse. Elles devraient aussi prendre des mesures de protection personnelle pour prévenir les piqûres de moustiques jour et nuit84,85. Celles-ci incluent l’usage d’une moustiquaire, d’un insectifuge et de vêtements protecteurs72. Ces mesures peuvent protéger contre de nombreuses maladies transmises par les piqûres de moustiques85. D’ailleurs, les femmes enceintes sont plus susceptibles de contracter ces maladies puisqu’elles attirent davantage les moustiques71.

Pour éviter la contamination par les aliments et par l’eau en voyage

Les futurs parents qui voyagent, et plus particulièrement les voyageuses enceintes, devraient prendre des précautions pour éviter la contamination par les aliments et par l’eau.

Voici les principales recommandations de Santé Canada87 :

Santé Canada recommande aussi plusieurs méthodes de traitement de l’eau qui permettent aux voyageurs de s’assurer que l’eau qu’ils consomment ne présente aucun danger. Ces méthodes consistent à faire bouillir l’eau, à utiliser des désinfectants chimiques, des dispositifs de filtration portatifs ou un rayonnement ultraviolet87.

L’utilisation prolongée de l’iode (plus de dix jours), pour purifier l’eau est contre-indiquée, car elle pourrait entraîner des effets négatifs sur le fœtus70,88.

Éviter l’altitude très élevée

Certaines conditions préexistantes ou certains facteurs de risque d’hypertension et de pré-éclampsie et/ou restriction de croissance fœtale sont des contre-indications pour les voyages à haute altitude, surtout après 20 semaines de grossesse89.

Vaccination

Il n’y a pas de contre-indication à la vaccination chez la femme enceinte en général. En général, on conseille aux femmes enceintes de ne pas recevoir de vaccins vivants, car il existe un risque théorique pour le fœtus. Toutefois, les vaccins inactivés ne présentent pas de risque pour le fœtus ou pour la femme enceinte70,72,90,91.

Le Protocole d’immunisation du Québec (PIQ) présente les recommandations officielles pour la vaccination. Il est disponible en ligne à l’adresse suivante : https://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/vaccination/protocole-d-immunisation-du-quebec-piq.

La Société des gynécologues et obstétriciens du Canada (SOGC) a publié de nouvelles directives cliniques sur l’immunisation pendant la grossesse en 2018 : http://www.jogc.com/pb/assets/raw/Health%20Advance/journals/jogc/JOGC-734.pdf.

Police d’assurance

Une protection suffisante pour couvrir les frais médicaux liés à une hospitalisation ou à un accouchement est nécessaire pour tout déplacement d’une femme enceinte à l’extérieur du pays.

La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) peut couvrir une partie des coûts liés aux services de santé reçus à l’extérieur de la province pour une personne détenant une carte d’assurance maladie valide. Cependant, comme les frais liés aux services de santé sont souvent plus élevés à l’extérieur de la province, le remboursement de la RAMQ ne couvre qu’une partie des frais92. Les compagnies d’assurance au Canada ne sont pas légalement obligées d’offrir une assurance médicale de voyage pour un fœtus. Elles sont donc peu nombreuses à offrir ce service. Toutefois, certaines polices d’assurance fournies par l’employeur peuvent couvrir les coûts des services néonataux. La femme enceinte peut se renseigner auprès de son assureur privé afin de savoir si ses soins et ceux de son enfant seraient couverts advenant une naissance prématurée ou à l’extérieur du Québec. La plupart des polices couvrent les complications obstétricales et non obstétricales jusqu’à neuf semaines avant la date prévue de l’accouchement lors des grossesses normales74.

Références

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Auteurs

Auteure 2011Sylvie Lévesque, INSPQ

Collaboratrices 2011Lyse Lefebvre, INSPQMichel Lavoie, INSPQLyne Tardif, CHU Sainte-Justine

Auteurs 2019Mathieu Valcke, INSPQLaurence PlouffeStéphane Perron, INSPQStéphani Arulthas, INSPQMichel Lavoie, INSPQOnil Samuel, INSPQMaryse Bouchard, Université de Montréal

Collaboratrices 2019Nicole Lapointe, DSP LaurentidesMarie-Sophie Brochet, centre IMAGe

Chargée de projetPascale Turcotte, INSPQ

Sous la coordination deRoseline Olivier-Pilon, INSPQ

Mise en page et relectureMarie-France Lepage, INSPQAnouk Sugàr, INSPQ

Date de création : octobre 2011Mise à jour : octobre 2019